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Pays débiteurs et créditeurs écologiques

Dans quelle mesure un pays repose-t-il sur sa biocapacité domestique plutôt que sur celle extérieure à son territoire national pour répondre à ses besoins de consommation ? Jusqu’où sa biocapacité est-elle exploitée pour soutenir son économie via des exportations de ressources naturelles ? Si l’Empreinte d’un pays est inférieure à sa biocapacité domestique, le surplus restant est-il suffisant pour séquestrer ses déchets carbone et, de là, disposer d’un crédit carbone ? Connaître les réponses à ces questions contribue fortement à gérer efficacement le bien-être social et économique d’un territoire.

La carte du monde présentée ci-dessous compare l’Empreinte de chaque pays avec sa biocapacité domestique disponible. En 1961, l’essentiel de la population mondiale vivait dans des pays qui, en termes nets, pouvait fournir la nourriture, les fibres et le bois qu’ils consommaient tout en absorbant leurs émissions carbone. En 2005, la situation s’est radicalement inversée avec moins de 20% de la population mondiale qui vit dans des pays remplissant les mêmes critères.

De nombreux pays se reposent sur l’importation net de biocapacité d’autres nations pour répondre à la demande domestique de biens et services. Par exemple, le Japon importe plus de bois de l’Equateur pour produire du papier qu’il n’en exporte, l’Europe importe de la viande brésilienne et les Etats-Unis consomment du coton péruvien.

Dans la mesure où des perturbations de leur chaîne d’approvisionnement peuvent nuire à leur économie et à leur qualité de vie, les pays qui sont importateurs de ressources renouvelables dépendent de la qualité de gestion de leurs biens écologiques et de celle de leurs partenaires commerciaux. Pouvoir localiser l’origine de la biocapacité consommée et évaluer la stabilité de cet approvisionnement à l’aune des défis politiques, économiques et climatiques, peut aider un pays à gérer ses importations et à choisir ses partenaires commerciaux. Un choix éclairé qui doit permettre de réduire les risques de perte de biocapacité qui découlent de l’exposition au commerce international dans un monde aux ressources de plus en plus limitées.

Réinscrire la société humaine dans une communauté globale nécessite une nouvelle architecture sociale et économique, une nouvelle approche plus en phase avec la physiologie écologique de la Terre. Le vieux paradigme géopolitique devra faire place à un nouveau modèle biopolitique. Un modèle qui verra un déplacement de la notion de compétition vers celle de collaboration. Un modèle qui reste à concrétiser mais qui permet d’être riche en possibilités nouvelles et en solutions inédites pour offrir un bien-être social et économique qui ne transgresse plus les limites écologiques de la Terre.