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FAQ

Ci-dessous, une Foire Aux Questions (FAQ) relative à l’Empreinte écologique. Si vous avez des questions supplémentaires qui ne sont pas abordées ici, n’hésitez pas à nous contacter.

Qu’est-ce que l’Empreinte écologique ?

L’Empreinte écologique est un instrument de mesure largement utilisé à l’échelle mondiale en vue de répondre à une question très précise : quelle est la capacité biologique, c’est-à-dire les ressources naturelles renouvelables, nécessaires pour répondre aux besoins d’une activité humaine ou d’une population déterminée ? Ainsi, l’Empreinte écologique est exploitée comme outil de gestion et de communication par des gouvernements, des entreprises, des institutions en charge de l’éducation, des ONGs désireux de répondre à cette question.

Que mesure l’Empreinte écologique ?

L’Empreinte écologique mesure la quantité de ressources naturelles renouvelables, terrestres et maritimes, mobilisées par l’humanité dans son ensemble, une région ou un secteur d’activités pour produire les ressources qu’ils consomment et absorber les déchets qu’ils génèrent. Cette mesure est alors mise en perspective avec la mesure des ressources naturelles renouvelables terrestres et maritimes effectivement disponibles.

Par ressources naturelles renouvelables terrestres et maritimes, il faut comprendre :

  • les ressources qui permettent de répondre à la demande humaine en matière d’alimentation, de fibres, de bois, d’énergie et de surface bâties et,
  • les ressources qui absorbent les déchets résultant de l’activité humaine. À l’heure actuelle, le seul déchet pris en compte dans le calcul de l’Empreinte est le CO2.

Ces zones biologiquement productives comprennent des terres cultivées, des pâturages, des forêts et des zones de pêche. Elles ne comprennent pas les déserts, les glaciers et les étendues océaniques supposés non productifs. Pour être plus précis ces « déserts » sont aussi dans une certaine mesure le siège d’une création de biomasse (par photosynthèse) mais celle-ci est trop diffuse pour être exploitée par l’homme.

Une des dimensions qui n’est pas considérées par l’Empreinte est celle de la toxicité des substances. De même, jusqu’ici, les calculs d’Empreinte ne considèrent que le dioxyde de carbone comme déchet. Il existe d’autres gaz à effet de serre comme le méthane qui ont un impact important sur le climat, mais les données disponibles sur ces autres gaz ne sont pas assez robustes à ce jour pour pouvoir être intégrées dans le calcul de l’Empreinte.

Les standards actuels (www.footprintstandards.org) utilisent « l’hectare global » comme unité de mesure de l’Empreinte écologique, ce qui permet d’obtenir des mesures et résultats comparables à une échelle globale.

Qu’est-ce qu’un hectare global ?

Un hectare global (hag) représente un hectare d’une productivité égale à la moyenne mondiale des surfaces biologiquement productives (terrestres ou maritimes) pour une année donnée. Cette unité de mesure est utilisée pour exprimer la biocapacité ainsi que les besoins en biocapacité, c’est-à-dire l’Empreinte écologique.

Etant données leurs productivités respectives – il s’agit ici de leurs productivités agricoles potentielles (modèle GAEZ, FAO) – en 2005, un hectare de champs cultivés représentait 2,64 hectares globaux alors qu’un hectare de prairies ne représentait que 0,50 hectares globaux. Comme la bioproductivité mondiale varie légèrement d’une année sur l’autre, la valeur d’un hag varie aussi légèrement pendant la même période.

Un facteur de rendement et un facteur d’équivalence sont utilisés pour convertir des hectares effectifs de différents pays et de différents types d’espace (terres cultivées, pâturages, forêts,...) en unité standard « hectare global ».

Qu’est-ce que la biocapacité ?

La biocapacité est l’abréviation de « capacité biologique », qui est la capacité d’un écosystème à produire des ressources biologiques utiles et à absorber les déchets générés par l’activité humaine.

Qu’est-ce qu’un dépassement écologique ?

Il y a dépassement écologique lorsque la demande d’une population ou d’une activité humaine sur un écosytème excède la capacité de cet écosystème à renouveler les ressources nécessaires pour répondre à cette demande et absorber les déchets afférents.

L’Empreinte écologique est régulièrement utilisée pour calculer le dépassement écologique global qui se produit lorsque la demande humaine sur la biosphère excède la biocapacité de la planète. Par définition, un tel dépassement conduit à puiser dans les stocks de ressources plutôt que dans l’incrément annuel et/ou conduit à une accumulation des déchets.

Comment est calculée l’Empreinte écologique ?

L’Empreinte écologique peut-être calculée pour des individus, un groupe d’individus (p.ex. une nation).

L’Empreinte écologique d’une personne est calculée en considérant l’ensemble des ressources biologiques consommées et l’ensemble des déchets biologiques générés par cette personne pendant une année donnée. Toutes ces ressources consommées et déchets produits sont alors individuellement traduits en un nombre équivalent d’hectares globaux.

Pour réaliser cela, l’ensemble des ressources consommées par cette personne (en tonnes par an) sont alors divisées par le rendement des espaces terrestres ou maritimes spécifiques (en tonnes par hectare par an) d’où ces ressources ont été produites ou bien où les déchets ont été absorbés. Le nombre d’hectares qui résultent de ce calcul est alors converti en hectares globaux grâce à l’utilisation de facteurs de rendement et d’équivalence. La somme des hectares globaux nécessaires pour supporter la consommation des ressources et l’absorption des déchets produits par la personne constitue l’Empreinte écologique de cette personne.

L’Empreinte écologique d’un groupe de personnes (une ville, une région, une nation) est tout simplement la somme de l’Empreinte écologique de chaque individu de ce groupe. Il est également possible d’élaborer l’Empreinte écologique de la production d’une ville, d’une région ou d’une nation en optant alors pour l’addition de l’Empreinte écologique de toutes les ressources extraites et des déchets générés à l’intérieur du territoire de cette ville, de cette région ou de cette nation.

L’Empreinte écologique d’une activité, telle que la production d’un bien (p.ex. une voiture) ou d’un service (p.ex. une assurance) pour l’économie, est calculée en additionnant l’Empreinte écologique de l’ensemble des ressources consommées et des déchets générés au cours de cette activité. Lorsqu’il s’agit de calculer l’Empreinte écologique d’une entreprise ou d’une organisation, les activités qui relèvent effectivement du champ de cette entreprise ou organisation doivent être clairement définies. Malheureusement, les données nécessaires à ces calculs manquent dans la plupart des cas.

Soucieux de tester la fiabilité des calculs opérés par le Global Footprint Network et de s’assurer que ses résultats se basent sur des chiffres vérifiables dans les statistiques nationales, le Conseil supérieur pour un Développement durable (CSDD) a entrepris la vérification des données statistiques à travers une étude menée par le Centre de Ressources des Technologies pour l’Environnement (CRTE/CRP HenriTudor) et à laquelle ont été associés les acteurs concernés au Luxembourg (Centre d’Etudes de Populations, de Pauvreté et de Politiques Socio-Economiques / International Network for Studies in Technology, Environment, Alternatives, Development (CEPS-INSTEAD), Université de Luxembourg, Unité de Recherche Identités, Politiques, Sociétés, Territoires (IPSE), CONVIS - Herdbuch Service Elevage et Génétique, le Service d’Economie rurale du Ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, le Ministère de l’Energie et les Départements de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire du Ministère du Développement durable, l’Observatoire de la Compétitivité, le Service central de la statistique et des études économiques du Gouvernement (STATEC).

Ce travail a débouché sur la publication d’un rapport complet intitulé « The Ecological Footprint of Luxembourg: Technical Report - Scoping Study » pouvant être téléchargé en cliquant ici.

Quelle est l’utilisation légitime du terme Empreinte écologique ?

Employé avec une majuscule, le terme d’Empreinte écologique est un nom propre se référant à une question spécifique de recherche: dans quelle mesure la capacité biologique de la planète est requise par une activité humaine ou une population donnée ?

Fréquemment, le terme « d’Empreinte » est utilisé de manière générique pour référer à l’impact humain sur la planète ou à une autre question de recherche. Par exemple, le terme « d’Empreinte carbone » réfère le plus souvent au nombre de tonnes de carbone émis par une personne ou une activité au cours d’une année, ou encore aux tonnes de carbone émises pour la manufacture et le transport d’un bien. Il y a une composante carbone dans l’Empreinte écologique. Elle mesure la quantité de biocapacité, exprimée en hectares globaux, requise pour absorber les émissions humaines du dioxyde de carbone.

Le terme d’Empreinte écologique a été délibérément exclu du domaine de la propriété intellectuelle pour encourager son emploi à une échelle la plus large possible. Le Global Footprint Network s’efforce de maintenir la valeur de ce terme en encourageant ses partenaires et les autres acteurs concernés à utiliser les termes « Empreinte » ou « Empreinte écologique » de manière consistante, c’est-à-dire en utilisant les définitions établies dans l’Ecological Footprint Standards (www.footprintstandards.org). Le Global Footprint Network encourage l’emploi d’autres termes que celui d’Empreinte écologique pour les recherches visant à répondre à d’autres problématiques.

Quels rapports existent-ils entre Empreinte écologique et la « capacité limite » ?

La « capacité limite » est un terme technique qui se réfère au nombre maximum d’individus d’une espèce qui peuvent être supportés par un territoire marin ou terrestre donné. De nombreuses espèces ont des besoins de consommation simples à déterminer, ce qui rend la définition et le calcul de leur capacité limite aisés. Pour les êtres humains, il en va tout autrement. Pour eux, une estimation de capacité limite nécessite des hypothèses sur l’avenir de la consommation de ressources par personne, le niveau de vie et les « désirs » (par opposition aux « besoins »), la productivité de la biosphère et les progrès technologiques permettant d’influencer cette productivité. La capacité limite d’un territoire pour une population humaine est donc, de manière inhérente, spéculative et difficile à définir.

L’Empreinte écologique adresse la question de la capacité limite sous un angle différent. Les Empreintes écologiques ne constituent pas des estimations spéculatives sur un état de fait potentiel, mais plutôt le compte-rendu d’une situation passée. Plutôt que de s’interroger sur le nombre d’individus pouvant être supportés par la planète demain, l’Empreinte écologique renverse la question en ne considérant que les années passées et le présent. L’Empreinte écologique s’interroge sur le nombre de planètes nécessaires pour supporter l’ensemble des individus qui vivent sur la planète au cours d’une année, tenant compte des standards de vie, de la production biologique et de l’état de la technologie pendant cette même année. Il s’agit d’une étude scientifique et d’une question comptable qui peut être résolue par l’analyse d’un ensemble de données historiques bien documentées.

L’Empreinte écologique est-elle anti-commerce, anti-technologie ou anti-PIB ?

L’Empreinte écologique trace la demande humaine actuelle sur la nature en termes de surfaces bioproductives mobilisées pour la fourniture des biens et services. Le commerce est représenté par la demande du pays qui, in fine, consomme ces biens et services. Cette comptabilité reflète la balance commerciale des importations et exportations. Cela signifie que les ressources utilisées pour produire une voiture qui est fabriquée au Japon, mais vendue et utilisée au Luxembourg, contribueront à l’Empreinte de consommation du Luxembourg plutôt qu’à celle du Japon. Pour cette raison, l’on comprend aisément l’impact substantiel que les frontaliers ou le tourisme à la pompe peuvent avoir sur l’Empreinte écologique du Grand-Duché de Luxembourg. Cela étant, cette comptabilité ne pose aucun jugement par rapport au bien-fondé, aux avantages éventuels ou à l’équité du commerce. L’Empreinte écologique n’est donc ni pour le commerce, ni contre.

Lors de l’apparition de nouvelles technologies ayant des conséquences sur la biocapacité et l’efficience des ressources, leur impact sur l’approvisionnement en ressources et sur la demande est intégré dans l’évaluation de la biocapacité et de l’Empreinte écologique. En d’autres termes, les résultats de biocapacité et d’Empreinte écologique mesurés pour une année sont toujours fonction de l’état de la technologie cette même année. Cette comptabilité ne juge pas du bien-fondé d’une technologie, mais exprime uniquement l’impact de cette technologie sur les flux de ressources. Les mesures d’Empreinte sont historiques plutôt que prédictives. Elles ne portent aucun jugement sur la valeur des technologies potentiellement disponibles dans le futur.

L’approche « Empreinte écologique » n’est ni pour, ni contre le PIB. Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un indicateur économique utilisé pour mesurer la croissance annuelle d’une économie. Pour une meilleure compréhension des tendances nationales, d’autres indicateurs sont requis tels que les statistiques de l’emploi, les données démographiques ou des mesures environnementales. Le Global Footprint Network œuvre à ce que les nations adoptent l’Empreinte écologique comme un indicateur complémentaire à celui du PIB et pas comme un indicateur de substitution. Il s’est fixé un objectif précis en ce sens : que 10 États au moins adoptent l’Empreinte Ecologique d’ici 2015 comme indicateur national, parallèlement à leur utilisation du PIB.

Qu’est-ce que l’Empreinte sur l’eau et quel est son rapport avec l’Empreinte écologique ?

Bien qu’ils soient souvent comparés, l’Empreinte écologique et l’Empreinte sur l’eau sont, en tant qu’indicateurs, fondamentalement différents et ne peuvent se substituer l’un à l’autre. L’Empreinte écologique n’a pas été conçue pour mesurer les flux d’eau douce. L’eau douce étant une ressource renouvelable primordiale, A.Y. Hoekstra a proposé en 2002 de créer l’Empreinte sur l’eau comme indicateur d’utilisation durable de l’eau mesurant le volume total d’eau douce directement ou indirectement utilisé par une population.

Intrinsèquement, l’Empreinte écologique mesure la biocapacité utilisée par une population, tandis que l’Empreinte sur l’eau mesure la quantité d’eau douce utilisée par une population. Ces deux indicateurs fournissent chacun une pièce supplémentaire du puzzle du développement durable. Plutôt que d’être considérés comme des mesures concurrentes, ces indicateurs devraient plutôt être regardés comme mesures complémentaires du capital naturel requis pour satisfaire la consommation humaine.

Pour plus d’informations sur les similitudes et les différences entre l’Empreinte écologique et l’Empreinte sur l’eau, il est utile de consulter l’article d’A.Y. Hoeksta intitulé « Human appropriation of natural capital: A comparison of ecological footprint and water footprint analysis. »