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La part des frontaliers et de la vente de carburant aux non-résidents

Si l’essentiel de l’Empreinte nationale du Luxembourg est imputable à la consommation des résidents, une part importante de celle-ci résulte également de la consommation des frontaliers et de la vente de carburant aux non-résidents.

La part des frontaliers

S’il est indéniable que les frontaliers – c’est-à-dire les personnes qui résident dans les pays limitrophes, mais dont l’employeur est situé au Luxembourg – contribuent à la création de la richesse nationale, ils contribuent également à la consommation de biens et de services. L’acquisition de ces biens et services par les frontaliers dans le commerce luxembourgeois n’entre pas dans les statistiques des exportations nationales, peu importe où ces produits seront finalement consommés. Par ailleurs, l’Empreinte nationale par tête ne tient pas compte de ces personnes supplémentaires qui contribuent à la consommation, son calcul se faisant sur base des seuls résidents (soit 483.800 personnes en 2008).

Pour ce faire, l’analyse effectuée arrive à la conclusion que :

  • 26% des dépenses de consommation courante effectuées sur le territoire du pays relèvent des frontaliers. Ce taux a été appliqué à l’Empreinte occasionnée par l’alimentation, les produits non-alimentaires et les services. L’Empreinte liée au logement est évidemment imputable intégralement aux résidents.
  • 13% de la vente de carburant sur le territoire national est imputable à la consommation des frontaliers.

Au final, la part de l’Empreinte attribuable à la consommation des frontaliers représente 16% de l’Empreinte nationale. Pour être complet, il faut préciser que ceci ne constitue pas l’Empreinte totale des frontaliers, mais uniquement la part de leurs acquisitions « luxembourgeoises ». Pour obtenir l’Empreinte globale des frontaliers, il faudrait donc y ajouter leur consommation dans leurs pays résidentiels.

La part de la vente de carburant aux non-résidents

Les recherches effectuées ont permis d’identifier la part des ventes de carburants aux non-résidents, (et donc les émissions de CO2 liées à sa combustion). Cette part reprend la vente de carburants aux frontaliers, au transport en transit et aux personnes résidant dans les régions frontalières venant exprès au Luxembourg pour profiter des tarifs pétroliers plus compétitifs.

Le langage officiel parle « d’exportation de carburant routier » pour désigner les ventes de carburants aux non-résidents et de « tourisme à la pompe » pour désigner uniquement la troisième catégorie mentionnée. Pourtant, une telle terminologie induit en erreur. Dans le contexte de l’Empreinte écologique, il est difficile de parler « d’exportation de carburant routier », car le terme exportation est une référence statistique du commerce extérieur.

Cependant les ventes de carburants aux non-résidents ne sont pas des exportations selon le commerce extérieur puisqu’il s’agit d’une vente au détail intérieure dont les recettes fiscales se font au bénéfice de l’Etat luxembourgeois – ce qui ne serait pas le cas d’une véritable exportation. Puisque la méthodologie de l’Empreinte écologique se base précisément sur les statistiques du commerce extérieur, nous avons préféré l’utilisation d’un terme qui évite les malentendus.

Finalement, la part des résidents constitue à peine 21% de la vente de carburant contre 79% de ventes aux non-résidents. Ce calcul se base essentiellement sur les ventes de carburants et de la composition de la flotte automobile au Luxembourg. Le gros des ventes de carburants (50%) est principalement à attribuer au transit sur les autoroutes du pays.